Traverser la Garonne sans voiture n’a plus rien d’un pari depuis que le réseau cyclable bordelais relie les deux rives par plusieurs ponts équipés de pistes dédiées. Reste à choisir son mode : vélo personnel entretenu à demeure, ou VCub disponible en libre-service à toute heure, sans souci d’antivol ni de crevaison.
Le réseau cyclable, pont par pont
Le pont de pierre, réservé aux vélos, aux piétons et au tramway depuis sa piétonnisation, reste la traversée la plus directe entre la rive gauche et la Bastide. Le pont Chaban-Delmas, plus au nord, offre une piste large et dégagée, particulièrement utile pour rejoindre les quartiers de Bacalan ou de la Bastide sans affronter la circulation automobile du centre. Le pont de pierre concentre l’essentiel des flux du quotidien, tandis que le Chaban-Delmas absorbe les trajets plus longs vers le nord de la métropole.
Entre les deux, les quais offrent une piste continue sur plusieurs kilomètres, quasiment plate, qui permet de traverser le centre sans croiser un seul feu tricolore majeur. Bordeaux Métropole a densifié ce réseau ces dernières années, avec des voies en site propre qui séparent nettement les vélos des voitures sur les axes les plus fréquentés.
Les quartiers en rénovation, comme certains abords de la Bastide ou du quartier Bacalan, restent parfois plus irréguliers : chaussée mal refaite, piste interrompue sur quelques dizaines de mètres, cohabitation encore tendue avec les livraisons. Ces discontinuités se réduisent chantier après chantier, mais elles obligent, en attendant, à garder un itinéraire de repli en tête pour les trajets réguliers, plutôt que de suivre à l’aveugle un tracé théorique qui ne correspond pas toujours à la réalité du bitume.
VCub ou vélo personnel : deux logiques différentes
Le VCub convainc par sa disponibilité : une station tous les quelques centaines de mètres dans l’hypercentre, un abonnement qui couvre les courts trajets sans frais supplémentaires, et surtout l’absence totale d’entretien à sa charge. Il convient parfaitement à qui alterne les modes de transport dans une même journée, ou ne roule qu’occasionnellement. Sa limite tient à la disponibilité des bornes aux heures de pointe et à une géométrie standard qui ne conviendra pas à tous les gabarits.
Le vélo personnel s’impose dès que les trajets quotidiens s’allongent vers la périphérie, là où les stations VCub se raréfient. Il permet aussi d’équiper sa monture de sacoches, d’un siège enfant ou d’un panier, ce qu’un vélo partagé n’autorise pas. L’entretien reste la contrepartie : freins, pneus et chaîne demandent une vérification régulière pour rouler en sécurité toute l’année, y compris sous la pluie girondine.
L’éclairage avant et arrière, obligatoire dès la tombée du jour, se néglige trop souvent sur un vélo personnel alors qu’il équipe systématiquement chaque VCub. Un gilet ou des bandes réfléchissantes complètent utilement l’équipement pour les trajets d’hiver, quand la nuit tombe avant la fin de la journée de travail et que la visibilité sur les quais chute nettement.
Stationner et combiner avec le tram
Le réseau TBM autorise l’embarquement des vélos pliants à bord du tramway à toute heure, et des vélos classiques en dehors des heures de pointe, ce qui ouvre la possibilité de combiner les deux modes sur un même trajet, par exemple pour franchir une portion accidentée avant de reprendre la piste cyclable plus loin. Cette souplesse profite en premier lieu aux trajets domicile-travail qui traversent plusieurs quartiers aux profils très différents.
Le stationnement reste le point faible du vélo personnel en centre-ville : arceaux saturés aux abords des places les plus fréquentées, et vols encore fréquents pour les modèles non attachés par un antivol en U. Les parcs à vélos sécurisés, installés près de plusieurs stations de tram, offrent une alternative fiable pour qui laisse son vélo toute une journée de travail. Ce choix de mobilité a aussi des effets qui dépassent le seul bilan carbone, la pratique régulière du vélo entretenant l’activité physique du quotidien sans qu’il soit nécessaire de lui consacrer un créneau dédié.




