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Le compost de balcon existe : lombricomposteur, bokashi et leurs limites

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Composter sans jardin n’a rien d’une promesse marketing : deux techniques, le lombricompostage et le bokashi, permettent de transformer les épluchures d’une cuisine directement sur un balcon, dans un volume qui tient sous un évier ou contre un mur extérieur.

Le lombricompostage, avec des vers dédiés

Le lombricomposteur fonctionne grâce à des vers de fumier, une espèce différente du lombric de jardin, installés dans un bac à plusieurs étages. Les déchets se déposent à l’étage du haut, les vers les digèrent progressivement, et le compost fini se récupère par le bas plusieurs mois plus tard, sous une forme fine et riche appelée lombricompost. Un jus de percolation s’écoule aussi en fond de bac : dilué, il sert d’engrais liquide pour les plantes du balcon.

La limite tient à la sensibilité des vers : ils tolèrent mal les agrumes en grande quantité, l’ail, l’oignon ou une surcharge brutale de déchets qui acidifie le milieu et peut faire fuir la colonie. Un équilibre progressif, en augmentant les apports semaine après semaine plutôt qu’en remplissant le bac d’un coup, évite l’essentiel des échecs des premiers mois.

L’installation initiale demande un peu de patience : une colonie de vers achetée toute prête met généralement trois à quatre semaines à s’acclimater à son nouveau bac avant de digérer efficacement les premiers apports. Durant cette période de démarrage, mieux vaut nourrir modérément plutôt que de tester d’emblée la pleine capacité annoncée par le fabricant, au risque de décourager une colonie encore fragile.

Le bokashi, une fermentation plutôt qu’une décomposition

Le bokashi suit une logique différente : les déchets fermentent dans un seau hermétique grâce à un son de céréales enrichi en micro-organismes, sans passer par une décomposition classique à l’air libre. Cette méthode accepte davantage de types de déchets que le lombricompostage, viande et poisson en petite quantité compris, ce qui en fait une option intéressante pour les foyers qui cuisinent beaucoup de produits frais.

En contrepartie, le bokashi ne produit pas directement un compost utilisable : le seau fermenté doit ensuite finir sa maturation en terre, dans un jardin ou un grand pot, pendant plusieurs semaines avant de devenir un amendement stable. Sans accès à ce second temps de maturation, le bokashi seul ne suffit pas à boucler la boucle sur un balcon.

Deux seaux utilisés en alternance simplifient l’organisation : pendant que le premier fermente pendant deux à trois semaines, le second se remplit des nouveaux apports de cuisine. Ce roulement évite les temps morts et permet de composter en continu, sans attendre qu’un seul contenant se libère avant de reprendre le tri des épluchures du quotidien.

Odeurs, hiver et compost sans jardin

Bien géré, ni le lombricomposteur ni le bokashi ne dégagent d’odeur perceptible au-delà de quelques centimètres, à condition de respecter les proportions et de ne jamais laisser un couvercle mal fermé. Une odeur forte signale presque toujours un excès d’apport ou un manque d’aération, un problème qui se corrige en quelques jours en réduisant temporairement les quantités déposées.

L’hiver ralentit nettement l’activité des vers, qui digèrent moins à basse température sans pour autant mourir si le bac reste à l’abri du gel, contre un mur ou dans une pièce fraîche plutôt qu’en plein vent. Une couverture isolante, ou simplement un carton replié autour du bac, suffit souvent à passer les nuits les plus froides sans perdre la colonie installée depuis l’automne. Le compostage domestique, quelle que soit la méthode, reste l’un des gestes les plus efficaces pour réduire le poids de la poubelle grise, comme le documente l’ADEME sur la gestion des biodéchets. Sans jardin pour épandre le résultat, le compost ou le lombricompost trouvent preneurs auprès de voisins jardiniers, d’un jardin partagé, ou complètent simplement les jardinières du balcon lui-même. Le sujet rejoint d’ailleurs directement celui du tri des biodéchets désormais obligatoire, dont le compost de balcon constitue l’une des solutions reconnues, aux côtés du bac dédié et de la borne de quartier pour les foyers qui ne peuvent en assurer eux-mêmes la gestion.


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